Après plusieurs mois de recherches généalogiques et d’échanges avec Ricardo Medina, un jeune argentin en quête des racines du fondateur du village Labordeboy,Pierre et Denise Luqué née Laborde-Boy partent à la rencontre des habitants du village de leur ancêtre. Ils nous racontent les temps forts de leur découverte :
Dès le lendemain de notre arrivée, nous sommes chaleureusement reçus à l’estancia San Miguel : les élus sont là, de même que le commissaire de police, le juge de paix, le prêtre et nombre d’autres personnes du village.
Nous faisons honneur à la gastronomie locale : ‘empanadas’, ‘asado’ qui rôtit depuis plusieurs heures, maté qui se boit entre amis. Culture et folklore typiques nous sont offerts pour nous faire connaître et aimer ce pays où tant de Béarnais ont émigré sans toujours réussir....
Le groupe folklorique « El Cimarron » de renommée internationale est la fierté du village puisque son siège est ici à Labordeboy.
Et tout cela...dans une gaieté communicative et une simplicité de bon aloi...
Mais, lorsque le « dueño » de l’estancia nous souhaite la bienvenue et que Madame le Maire nous remet le décret signé de sa main, nous faisant « hôtes d’honneur » du village, notre gorge se noue, et nos yeux s’embuent des larmes que nous retenons...
Nous les remercions avec une grande émotion ...
Les cadeaux échangés nous offrent une respiration et nous permettent de retrouver nos esprits...
Bérets, banderoles, drapeaux, ouvrages en espagnol sur le Béarn et le Pays-basque, costume béarnais du 19ème siècle excitent la curiosité de nos amis argentins et scellent de nouveaux liens entre le Béarn et le village Labordeboy dans la province de Santa Fé...
C’est à une partie de pato que nous sommes conviés ensuite...
Le sport est typiquement argentin et la participation d’un professionnel met encore plus en évidence la puissance et la vitesse des chevaux ; l’agilité des joueurs qui doivent conduire leur cheval et ramasser le ballon au sol est tout à fait impressionnante.
Le lendemain, concentration de voitures anciennes et nouvelle surprise !
Tels des stars, nous précédons le défilé des voitures à travers le village en compagnie de Madame Andréa Oberti Maire de Labordeboy, à bord d’une Ford 1920 décapotable !!!!
On nous salue, on nous applaudit !
Chaque jour est ainsi ponctué de moments émouvants, de découvertes et d’échanges enrichissants....
Chaque association sociale, culturelle ou sportive nous invite et nous explique l’investissement des bénévoles qui, parfois même, dépasse le cadre de la province.
Les enfants de l’école primaire nous accueillent ; accompagnés par leur professeur à la guitare, ils nous chantent « Sur le Pont d’Avignon » le regard un peu étonné mais très appliqués à bien prononcer les paroles.
Nous plantons avec eux, l’ombù, l’arbre qui rappellera notre visite, et chantons très solennellement nos hymnes nationaux respectifs.
Que de symboles !
Les jours suivants, ces enfants nous interpellent dans la rue et chantent une nouvelle fois en français, pour leur plaisir et le nôtre.
Nous visitons aussi le collège agricole dont les élèves, ce jour-là, transforment la viande des porcs qu’ils élèvent.
Nous discutons longuement avec le médecin et le personnel médical qui s’occupe de personnes âgées ; certaines de leurs interventions nous rappellent nos dispensaires d’autrefois.
Quant aux pompiers, très fiers de leur matériel rutilant, ils simulent sous la canicule, une intervention avec des adolescents en formation.
Tous sont heureux de nous montrer leur implication dans la vie du village, nous communiquant cette convivialité, cette chaleur, propres à leur culture.
Cependant notre temps est compté...
Peu de temps avant notre départ pour ce voyage, nous avions eu la chance d’entrer en contact avec des descendants de Catherine Laborde Boy (sœur de Léon) mariée avec Jean-Pierre Tailleur de Gurmençon. Comme nous comptions sur eux pour qu’ils nous livrent un peu de leur passé, nous nous sommes réservé quelques jours pour faire la connaissance de ces « primos », (cousins)... A cette occasion, trois générations, parfois même quatre, se sont rassemblées autour des plus anciens qui ne connaissent de leurs arrière-grands-parents que le nom et le prénom.
Quelle émotion et quelle fierté...quand ce couple d’octogénaires a lu une revue française, recherché sur la carte la commune de ses ascendants. Nous les voyons encore debout devant leur porte, à notre départ, la main sur le cœur jusqu’à ce que nous disparaissions...
Cette image reste gravée en nous.
Retour ensuite à Labordeboy pour quelques jours !
La soirée de la « despedida » ( les adieux) organisée par Madame le Maire aurait pu être triste.
Il n’en fut rien ...
Bien sûr, l’hymne au village Labordeboy, écrit et interprété par un chanteur local, nous a serré le cœur, mais jusqu’au dernier moment, nous avons ressenti le plaisir d’échanger, de nous rencontrer, de nous connaître....
Désormais outre Atlantique, nous avons des amis avec lesquels nous avons partagé des moments qui resteront pour nous inoubliables.
Nous avons découvert ce petit village de la province de Santa Fe qui a retrouvé les racines de son fondateur grâce à la volonté de ses élus, de bénévoles motivés et de Ricardo en particulier.
Le legs de Léon est en de bonnes mains !!!!
Et maintenant les habitants s’engagent à dépouiller leurs archives afin d’écrire l’histoire du premier siècle de leur Histoire...
Notre engagement à leurs côtés est tacite mais bien réel...car notre histoire de famille devient notre histoire commune ...
De Laborde Boy à Labordeboy ...
en fait, il n'y avait qu'un pas
que nous avons franchi avec bonheur
par delà le siècle et l'océan !
Texte de Denise Luqué née Laborde-Boy
à l'issue du voyage qui l'a conduite
avec Pierre son mari à Labordeboy
en octobre 2008.
Illustrations : D et P Luqué, Ricardo Médina.