L'Ombù

 

                                          L'"Ombu" est un arbre ou herbe géante, symbole traditionnel de l'Argentine, du Brésil et de l'Uruguay, historiquement mis en valeur par de nombreux écrivains et artistes et immortalisé par Jules Verne dans son roman, Les enfants du capitaine Grant.

Voici ce qu'en disent différentes sources :

Le Belombra (Phytolacca dioica) est une espèce d'arbre dioïque de la famille des Phytolaccaceae, originaire des pampas sud-américaines où il constitue la seule espèce d'arbre présente.
Autres noms communs : bel ombrage, phytolaque en arbre, bella sombra (castillan), bella ombra (catalan), ombú (nom originel sud-américain).
C'est un bel arbre à développement rapide, vivant très vieux. Son bois est léger et manque de densité. Son feuillage est semi-caduc. Fruits à 10 carpelles.
Très présent en Corse comme arbre d'ornement, il y est appelé communément « bellombra ».
(Wikipédia).

Phytolacca dioica est communément appelé bellombra, bella ombra ou ombu. C'est un arbre originaire d'Amérique du Sud, à croissance rapide, et pouvant atteindre plus de 15 m de hauteur. Le tronc des sujets âgés est imposant, et la cime de ces arbres est dense, ce qui lui a valu beaucoup de noms rappelant sa capacité à fournir un bel ombrage.
L'ombu est un arbre d'origine subtropicale, mais supporte de légers gels, de l'ordre de -3°C à -4°C pour des arbres bien établis. Il pourra être planté en zones USDA 9b et plus chaudes, et pourra être essayé dans les endroits les plus abrités de la zone 9a. Toutes les parties de cet arbre sont toxiques. 
Cet arbre possède des feuilles persistantes à semi-persistantes, ovales et pointues.La floraison de l'ombu est de couleur blanc-vert. Les fleurs sont dioïques.
(gardenbreizh.org)

Ce n'est pas un arbre...c'est une herbe qui peut atteindre la taille d'un grand arbre. Avant que l'homme n'introduise diverses espèces d'arbres dans la pampa, seul l'ombú procurait un peu d'ombre au gaucho.
Son tronc peut atteindre 12,5 mètres de circonférence. Il pousse rapidement et se contente de peu d'eau. Son 'bois' est très tendre - on ne peut même pas s'en servir comme bois de chauffage ! Le bétail ne mange pas son feuillage car il est toxique, et il est immunisé contre les maladies traditionnelles des arbres. Ses fleurs et feuilles possèdent des vertus médicinales. Avec ses feuilles, mises à macérer avec le 'bois' du tronc, on fabrique un savon.
(axandes.blogspot.com)

Un ombrage salutaire est aussi l'avantage le plus précieux de l'Ombú, l'arbre par excellence de la pampa où il s'élève solitaire d'espace en espace, abritant les cabanes des estancieros ou le lit du voyageur".
"Son bois spongieux n'a d'autre utilité que de donner, à l'incinération, des cendres très-alcalines qui servent en quelques endroits à la fabrication du savon que l'on fait dans les ménages. C'est un arbre qui croit très rapidement, mais ne s'élève pas au-dessus de 12 mètres maximum; le tronc est d'une énorme épaisseur, très tortueux et s'élargit encore au niveau du sol; les rejetons partent généralement du pied et contribuent beaucoup à augmenter le volume des racines".
"Bien conduit, l' "Ombú" aurait un aspect agréable, car de loin on le prendrait pour un noyer; il en la forme ronde et le luisant de la feuillée. Isolé dans la pampa, il est souvent frappé de la foudre".
(Description géographique et statistique de la Confédération Argentine de M. Martin de Moussy, tome I, pag.403. www.artemercosur.org.uy )

Ou l'on mène la vie des oiseaux...
(...) L'arbre sur lequel Glenarvan et ses compagnons venaient de trouver refuge ressemblait à un noyer. Il en avait le feuillage luisant et la forme arrondie.
En réalité, c'était "l'ombu", qui se rencontre isolément dans les plaines argentines. Cet arbre au tronc tortueux et énorme est fixé au sol non-seulement par ses grosses racines, mais encore par des rejetons vigoureux qui l'y attachent de la plus tenace façon.
Aussi avait-il résisté à l'assaut du mascaret.
Cet ombu mesurait en hauteur une centaine de pieds, et pouvait couvrir de son ombre une circonférence de soixante toises. Tout cet échafaudage reposait sur trois grosses branches qui se trifurquaient au sommet du tronc large de six pieds. Deux de ces branches s'élevaient presque perpendiculairement, et supportaient l'immense parasol de feuillage, dont les rameaux croisés, mêlés, enchevêtrés comme par la main d'un vannier, formaient un impénétrable abri. La troisième branche, au contraire, s'étendait à peu prés horizontalement au-dessus des eaux mugissantes; ses basses feuilles s'y baignaient déjà; elle figurait un cap avancé de cette île de verdure entourée d'un océan. L'espace ne manquait pas à l’intérieur de cet arbre gigantesque; le feuillage, repoussé à la circonférence, laissait de grands intervalles largement dégagés, de véritables clairières, de l'air en abondance, de la fraîcheur partout. A voir ces branches élever jusqu'aux nues leurs rameaux innombrables, tandis que des lianes parasites les rattachaient l'une à l'autre, et que des rayons de soleil se glissaient à travers les trouées du feuillage, on eût vraiment dit que le tronc de cet ombù portait à lui seul une forêt tout entière. (...)

JULES VERNE (1828­-1905). "Les enfants du capitaine Grant" (Les Voyages Extraordinaires) (Pages 172-207) - Librairie Hachette-Paris-1924. www.artemercosur.org.uy

Illustrations : sevilla.org ; pasqualinonet.com; wikimedia.org