"Après plusieurs vaines tentatives durant notre périple à travers le New South Wales, le Victora et le South Australia, en ce dimanche après-midi 2 mars 2008, j’arrive enfin à joindre au téléphone Karine SALIES qui habite dans les Blue Mountains.
Miracle, elle est là ; à quelques 70 km de Sydney cependant... Nous n’aurons pas le plaisir de nous rencontrer cette fois ci, mais notre conversation va durer longuement et en français, comme cela il n’y aura pas de malentendu..."
(Jean-Paul Abadie au cours de son voyage en Australie en 2008)...
L’histoire étonnante de Karine et Vince
Karine originaire de Tarbes est une émigrée de Bigorre....
Après des études supérieures à Toulouse, elle a bien roulé sa bosse et sillonné la planète : Maroc, Canada, Ecosse où elle rencontre Vince son futur mari australien, etc....
Versée en ichtyologie,la science des poissons, elle étudie le saumon en Ecosse et prend Vince... dans ses filets (!).
De retour en France, le couple, durant un an cherche à travailler dans le domaine piscicole, difficile.... il tente le Maroc, mais en vain...
Karine et Vince décident de se marier et pour des raisons économiques émigrent en Australie. Les voici donc depuis sept ans aux antipodes.
Après deux à trois ans vécus dans l’Etat du Queensland (la Région de Brisbane) et la naissance de leur premier enfant, Adrien (5 ans et demi aujourd’hui), Karine et Vince déménagent dans le New South Wales. Ils restent quelques temps dans cette région de Sydney où habite la famille de Vince. Ses parents et deux de ses sœurs sont dans les Blue Mountains : ayant fait le choix de ne pas vivre en banlieue et le marché de l’immobilier étant plus accessible, Vince et Karine vont aller s’y établir à leur tour.
C’est à Woodford qu’ils trouvent le terrain et la maison de leurs rêves. Malgré tout, Sydney n’est pas un lieu de travail trop éloigné pour Vince...
Il effectue quotidiennement le trajet jusqu’aux laboratoires de recherches où il est biochimiste chez Bakels, une firme d'origine hollandaise qui fabrique et distribue des ingrédients de panification pour industriels et artisans, à travers le monde.
Les saveurs des Pyrénées en plus.
Karine, 36 ans aujourd’hui, n’a aucun regret d’avoir fait ce choix d’émigration, et à l’évidence Vince GLEESSON 37 ans qui, lui, est revenu dans son île natale, ne regrette rien non plus !
Alec (3 ans est demi) et Lani (2ans) sont venus élargir le cercle familial. Pour Karine s’est évidemment posée l’éternelle question de la poursuite de son activité professionnelle et le choix d’une "nounou’’ pour les enfants.
A l’abri dans ses Blue Mountains elle a provisoirement opté pour l’éducation rapprochée de leurs enfants. Oh ! ils ne conversent pas encore en patois bigourdan, mais déjà le maintien de la double culture prend beaucoup de temps et comme dit Karine ’Je parle français avec mes enfants, enfin, le plus possible, car ce n’est pas toujours évident de faire la gymnastique des deux langues à la seconde près. Par contre ma cuisine est basée sur la cuisine française et du terroir. D’ailleurs le foie gras et le p'té de canard sont très prisés chez nous , même par la plus petite’’.
Faut-il chercher du côté de la génétique ou de l'attrait incontesté des saveurs du Sud Ouest ?
Les atouts qui les font persister dans le choix de résider en Australie, outre l’emploi, sont multiples. Karine et Vince ont ici une nouvelle vie, une maison, des enfants et des amis.
’La communauté dans les Blue Mountains est restreinte, c’est comme dans un village de campagne où l’on connaît presque tout le monde. C’est un peu comme une grande famille’’, me confie Karine. A vrai dire ils bénéficient là d’un environnement qui est l’un des plus beaux d’Australie, un petit paradis.
Les liens sont constants avec la famille restée en Bigorre, par téléphone principalement, plus particulièrement avec Martine, la maman qui habite Tarbes. La famille leur manque tout de même mais ils s’y sont habitués. Pour l’information ils regardent aussi le journal de la chaîne télévisée SBS.
Par contre, Karine n’a aucun contact avec d’autres Bigourdans, ni d’autres Français émigrés et pour l’instant n’a pas eu l’occasion de se documenter sur cette présence de nos émigrants sur le continent.
Actuellement, les enfants étant encore très jeunes, Karine a décidé de s’investir dans le jardinage et a également débuté un petit élevage familial de volaille. C'est une réussite... puisque les photos témoignent de la première récolte de belles pommes de terre.
Une histoire est en marche, une nouvelle histoire d’émigrants d'aujourd'hui...